jeudi 27 mars 2008

Où étaient les pères ?

Mon billet Télégramme de la semaine.

« Je ne savais pas » « Je n’ai rien vu ». « Je n’étais pas au courant ». Dans toutes ces épouvantables affaires de bébés congelés, le point commun est cette étrange cécité des pères et compagnons de ces mères infanticides. Sur elles, on a beaucoup écrit, épilogué, cherché à comprendre le sordide et l’incompréhensible. Mais eux ? Eux qui, jamais, ils le jurent, n’avaient rien décelé de la grossesse et surtout de la détresse de leurs épouses ? Où étaient-ils donc ces bons époux, ces bons pères de famille ? De quelles lunettes obscures étaient-ils chaussés pour que le corps et les âmes de leurs compagnes leur soient si peu accessibles ? Ou était Jean Louis Courjault, époux de Véronique Courjault mise en examen après avoué trois infanticides, en 2002 et 2003 ? Il vient d’obtenir un non-lieu dans cette affaire et se dit « soulagé et déterminé à soutenir son épouse ». Et avant ? Et Frédéric Le Gall, époux de Valérie Le Gall, cette bonne mère « triste et cernée » d’après les voisins de son village de Saint Nicolas du Pélem ( Côtes d’Armor) qui vient d’être écrouée après la récente découverte du cadavre d’un nourrisson dans son congelateur ? « Le mari n'était pas au courant », affirme le procureur. Idem pour une affaire similaire, dans le Loiret, en 2000. Le mari ne savait rien non plus. Cela n’excuse en rien les gestes étranges, atroces, de ces femmes. Mais mérite qu’on se pose des questions sur la place de certains hommes au sein d’un couple, d’une famille.