Mon billet Télégramme de la semaine.
« Je ne savais pas » « Je n’ai rien vu ». « Je n’étais pas au courant ». Dans toutes ces épouvantables affaires de bébés congelés, le point commun est cette étrange cécité des pères et compagnons de ces mères infanticides. Sur elles, on a beaucoup écrit, épilogué, cherché à comprendre le sordide et l’incompréhensible. Mais eux ? Eux qui, jamais, ils le jurent, n’avaient rien décelé de la grossesse et surtout de la détresse de leurs épouses ? Où étaient-ils donc ces bons époux, ces bons pères de famille ? De quelles lunettes obscures étaient-ils chaussés pour que le corps et les âmes de leurs compagnes leur soient si peu accessibles ? Ou était Jean Louis Courjault, époux de Véronique Courjault mise en examen après avoué trois infanticides, en 2002 et 2003 ? Il vient d’obtenir un non-lieu dans cette affaire et se dit « soulagé et déterminé à soutenir son épouse ». Et avant ? Et Frédéric Le Gall, époux de Valérie Le Gall, cette bonne mère « triste et cernée » d’après les voisins de son village de Saint Nicolas du Pélem ( Côtes d’Armor) qui vient d’être écrouée après la récente découverte du cadavre d’un nourrisson dans son congelateur ? « Le mari n'était pas au courant », affirme le procureur. Idem pour une affaire similaire, dans le Loiret, en 2000. Le mari ne savait rien non plus. Cela n’excuse en rien les gestes étranges, atroces, de ces femmes. Mais mérite qu’on se pose des questions sur la place de certains hommes au sein d’un couple, d’une famille.
jeudi 27 mars 2008
Où étaient les pères ?
à l'adresse
12:06 AM
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Michèle Fitoussi
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mardi 25 mars 2008
Maria Eugenia la courageuse

Cette histoire me passionne. J'en ai fait un papier qui est sorti cette semaine dans ELLE. Il faut aller voir sur Internet, surtout pour ceux et celles qui lisent l'espagnol. .Il y a plein de sites qui parlent de cette affaire. Et puis aussi celui des Abuelas de Mayo, ces folles de mai qui se réunissent depuis 25 ans sur la place de Mai, et recherchent leurs enfants disparus pendant la dictature. C'est grâce à elles que Maria Eugenia a retrouvé sa famille.
Verdict le 4 avril. J'espère que les voleurs d'enfants seront punis.
En Argentine, peu ou pas de militaires , acteurs de la "sale guerre " sont sous les verrous.C'est comme s'il ne s'était rien passé, hormis ces souffrances inouïes pour toutes ces familles dont les enfants et/ou les parents ont disparu, assassinés sous la torture.
Sous ses allures de gamine, c’est une jeune femme « courageuse, déterminée et lucide» selon les mots de son avocat, qui a franchi le seuil du Tribunal fédéral de Buenos Aires, le 19 février dernier pour assister au procès qui l’oppose à ses parents adoptifs. L’histoire de Maria Eugenia Sampallo Barragan, 30 ans, ne diffère guère de celle de centaines d’enfants argentins donnés à des familles proches des militaires au pouvoir après la « disparition » de leurs parents, pendant la dictature ( 1976-1983). Mais personne encore n’avait porté plainte, comme elle l’a fait contre ses faux parents et Enrique Berthier, le tortionnaire qui la leur a remis à l’âge de trois mois. « Une démarche exceptionnelle qui va permettre de démonter tout un système. C’est la première fois que la victime la plus directe se manifeste » explique maitre Sophie Thenon, présidente de France Amérique Latine. La mère de Maria Eugenia était enceinte de six mois lorsqu’elle a été enlevée avec son père, militant communiste comme elle, le 6 décembre 1978 et conduite dans un centre de torture clandestin. « Toute son enfance, elle a eu des doutes » affirme maitre Quintana, l’ avocat de Maria Eugénia, qui s’appelait alors Violeta Rivas. « Ceux qui l’ont recueillie ne cessaient de se contredire sur les circonstances de sa naissance». Sans doute les mauvais traitements subis lui ont-ils donné le courage de partir de chez elle après le bac, et de se mettre à travailler.« Elle était si maltraitée qu’elle se réfugiait sans cesse chez les voisins », ajoute son avocat qui fait barrage à toutes les interviews : sa cliente ne veut rien révéler de sa vie privée. A peine lâche-t-il qu’elle suit aujourd’hui des études de lettres et qu’elle est encore célibataire. En 2000, Maria Eugénia contacte l’association des Grands- mères de la place de Mai qui recherchent inlassablement la trace des 600 bébés volés par la dictature (88 ont été retrouvés ). Elle passe des tests ADN et l’année suivante, à 23 ans, retrouve sa grand-mère et son frère Gustavo qui avait 3 ans quand il a été arrêté avec ses parents avant d’être récupéré dans un commissariat. Pourquoi tant d’années avant le procès? « Il a d’abord fallu qu’elle reconstruise sa propre identité » dit maitre Quintana. « Elle ne connaît toujours pas sa date de naissance. Quand l’enquête a commencé, ses faux parents et Berthier ont tout nié en bloc et l’ont traitée de menteuse. Tout cela a failli se retourner contre elle. Il a fallu du temps pour ramasser les preuves ». Maria Eugenia et le procureur demandent 25 ans de prison contre les accusés. « Si ce procès permet d’analyser ce qui s’est passé pendant la dictature estime maitre Quintana, et de reconnaître que ces enlèvements d’enfants relèvent du crime contre l’humanité, alors nous aurons largement gagné ».
à l'adresse
4:23 AM
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Michèle Fitoussi
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lundi 24 mars 2008
Rencontre aux Editions des Femmes
Isabelle Juppé a écrit un livre trés interessant sur l’Internet et les femmes qui pose d’excellentes questions sur l’usage de l’outil particulièrement sur celui qu’en font les femmes.Venez…
Voici l’annonce passée par les Editions des Femmes
Mardi 25 mars de 18h30 à 21h30 au 35 rue Jacob, Paris VIeme
L'Espace des Femmes vous invite à rencontrer
Isabelle Juppé (auteur de La femme digitale) et Michèle Fitoussi (écrivain, éditorialiste à Elle)
autour des rapports que les femmes entretiennent avec Internet et les nouvelles technologies
A l'ère de la révolution numérique, dont l'Homme expérimente tous les jours les changements fondamentaux, quelle influence exerce le genre féminin ? En quoi le fait d'être une femme donne-t-il une forme singulière à la sphère numérique ? Après deux années d'enquête, les réalités dégagées par Isabelle Juppé dans La Femme digitale (JCLattès) sont proprement passionnantes. Et parce que les femmes sont épouses, mères, amies, professionnelles, pourquoi ne pas engager une réflexion sur les dérives du digital et la transmission d'un usage réfléchi de ces nouveaux médias aux prochaines générations.
Michèle Fitoussi, écrivain, éditorialiste à ELLE, engage le débat avec Isabelle Juppé.
à l'adresse
5:33 AM
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Michèle Fitoussi
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