jeudi 3 janvier 2008

Des nouvelles de malika oufkir

Une photo que j'adore, prise sous le soleil de la Floride à la fin de ce mois de décembre. C'est Malika et son fils, Adam, 2 ans, le roi des bébés, mignon, malin, drôle, affectueux, intelligent et si mûr pour son âge.
Malika est allé le chercher au Maroc, il y a deux ans. Elle raconte dans les premières pages de son livre " L'Etrangère", comment, partie pour adopter une petite fille, elle est tombée sous le charme de ce nouveau-né d'à peine trois semaines. Il l'appelait littéralement et en le serrant contre son coeur, elle a su que c'était lui....
Aprés pas mal de difficultés, l'adoption n'existant pas au Maroc, Adam a rejoint ses parents, Malika et Eric, au mois de février dernier en Floride où la famille est installée depuis 2002. Malika s'est bagarrée pour construire sa nouvelle vie, au soleil, car elle ne supportait plus la grisaille parisienne " J'ai trop passé d'années à l'ombre" dit-elle. Loin du Maroc, les Etats- Unis l'ont attirée, pour la liberté de mouvements ( " Ici, tout le monde est logé à la même enseigne, personne ne fait attention à vous, on peut vivre dans l'anonymat si on le souhaite") et le facilité de la vie. Le choix de Miami s'est tout de suite imposé, pour l'indolence et la douceur de vivre. Elle est d'abord partie en éclareuse, avec Nawel, la fille de sa soeur Myriam, qu'elle élève depuis l'âge de deux ans comme se propre fille,puis Eric les a rejointes et enfin Adam est venu compléter la famille.
Architecte de formation, Eric a travaillé à Miami, il a été directeur d'ouvrage de " L'Alliance Française", puis il atrouvé un job à Orlando. Il supervise la construction d'une chaine de restaurants à travers les Etats Unis.
Toute la famille a déménagé là bas. Nawel, 13 ans, étudie dans une école privée. Elle manie l'anglais comme une vraie petite Américaine, et parle aussi , outre le français, sa langue maternelle, l'espagnol et l'arabe. Malika s'occupe de la maison et des enfants. Ils se sont construit tous les quatre une petite vie tranquille et calme.
" C'est le bonheur" dit Malika, comblée par son Adam, qu'elle adore et qui le lui rend bien. Elle rattrape ainsi tout ce temps perdu gâché, volé, et de son propre aveu, vit comme si elle avait vingt ans de moins, dans la bulle qu'elle s'est bâtie. " Pour rien au monde, je ne reviendrais en France".

3 commentaires:

Hélène a dit…

Oh mon dieu, comme ça fait plaisir de lire ça !! Merci mille fois Michèle, de nous transmettre des nouvelles aussi joyeuses de Malika !!

Milène a dit…

J'achève pour la seconde fois votre livre "La prisonière",un magnifique temoignage de Malika Oufkir qui me submerge encore une fois d'une très gande émotion.Je suis née à Casablanca en 1979, et alors que je faisais mes premiers pas à l'ombre des orangers de notre villa, à 40 km de là, au même moment, une famille vivaient un véritable calvaire. Comment ne pas ressentir un sentiment ambigüe pour l'ancien régime qui fut celui de mon pays de coeur? A présent, votre vie vous appartient, Malika, soyez heureuse. Ici en France, au Maroc,ou ailleurs....Je vous témoigne toute mon admiration.Merci, pour ces très bonnes nouvelles Michèle.

Anonyme a dit…

Je viens de lire les ouvrages de M. Oufkir ainsi que celui de sa mère et je suis littéralement abasourdi. Je suis berbère moi aussi et rien qu'à cause de cette "filiation", j'ai été fortement imprégné par ce drame.
Je vous remercie tout d'abord, Mme Fitoussi d'avoir eu la force d'aider Malika à expier toute cette douleur et tout ce poids qui l'ont trop longtemps habité.
Je tiens à dire qu'en lisant La Prisonnière, il m'arrivait à maintes reprises d'arrêter de lire et parfois même de vouloir abandonner cette lecture, tellement
l'émotion m'empêchait de respirer et me donnait des vertiges. Survivre à de telles conditions de "survie" est inimaginable. Je tiens vraiment à rendre hommage à Malika non seulement pour sa force durant toutes ces années noires mais également pour avoir réappris à vivre, à aimer, à donner.
Je crois que pour comprendre réellement ce qui a poussé HassenII
à faire ça, il faut une étude très approfondie dont les ramifications vont mener très loin et qui sont liées à l'histoire de l'afrique du nord, à celle des Berbères et à la raison d'être même de la monarchie.
On ne peut pas rattrapper le temps car il est à sens unique mais j'espère de tout mon coeur que Malika (et toute sa famille, biensûr!) vit pleinement sa nouvelle vie et n'en rate pas une "miette". Mille merci, Malika pour toutes les leçons que l'on peut tirer de "la prisonnière".
yalyiwan@yahoo.fr (yalyiwan en berbère veut dire "n'importe qui").